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Apeiron ediciones, Madrid, 2016, 120 pages.

ISBN : 978-84-16996-26-1

Né à Buenos Aires en 1978, Martin Lombardo est diplômé en psychologie, puis il poursuit des études de littérature ibéro-américaine à Bordeaux, discipline qu’il enseigne actuellement à l’Université de Savoie. Il est aussi psychanalyste. Auteur de livres et publications académiques, dont le roman :  « Locura circular » (Libros del Lince, 2010). « La Mujer del olvido » est premier prix du concours de « novela breve » des éditions Apeiron.

 

C’est un court roman sous tension, une sorte de  « thriller psychologique » autour d’une relation de couple et d’une mort mystérieuse, qui le restera. L’intrigue évolue vers un enfermement croissant des deux protagonistes, un resserrement de leurs liens pathologiques, plus que vers la résolution de l’énigme. Le récit n’est pas situé très clairement dans le temps et l’espace, là n’est pas la question, le lecteur se fera son idée.  

La narratrice a épousé Marcos, un veuf qui souffre d’épilepsie, d’absences et d’amnésie, et dont l’état va en s’aggravant après une opération du cerveau. Veronica, la première épouse de Marcos a été assassinée dans des circonstances peu claires, que l’amnésie ne permet pas d’élucider. Même si la justice a disculpé Marcos, un léger doute persiste dans l’esprit de sa nouvelle épouse. Malgré tout, d’un tempérament plutôt possessif, elle jalouse cette femme disparue dont elle ne connait même pas le visage avec certitude, la seule photo qu’elle peut s’en procurer n’étant peut être pas vraiment d’elle. Faute de mieux, la photo sera tout de même l’objet d’un rituel maléfique à base d’épingles…  

Autour de ce couple malade gravitent quelques amis et voisins guère plus équilibrés, qui vont tour à tour s’immiscer dans leur vie. Il y a le docteur Craig qui pendant des années vient prendre son café matinal chez son patient, sans rien faire ou presque, que de vagues avances à la narratrice. Et monsieur O’Connor, un voisin, psychiatre, qui lui aussi s’intéresse à ce cas étrange. Il y a les élèves que la narratrice reçoit en cours particuliers de langues et de littérature, surtout par nécessité économique. L’une de ces élèves, mademoiselle Falco, rêve de devenir écrivain et, bien malgré l’épouse, elle va développer une étrange relation avec Marcos, l’homme sans mémoire à qui elle fait taper ses manuscrits à la machine. Et Mirko Reig, le promeneur de chiens… Ceux-là et d’autres ont chacun leur histoire plus ou moins tordue. La narratrice elle-même, malgré ses convictions d’épouse loyale et fidèle va fuguer un temps, puis revenir, comme s’il était impossible d’échapper à l’attraction de ce trou noir qu’est son mari, de plus en plus passif et de plus en plus pesant, qui ne se définit que par ce que font les autres autour de lui…   

L’écriture très sèche et précise fait monter l’angoisse, le livre est réussi de ce point de vue et si l’on reste un peu sur sa faim, on peut envisager de se tourner vers l’autre roman de cet auteur.

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