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Estuario editora, Montevideo, 2017, 110 pages.

ISBN : 978-9974-720-54-1

Diego de Ávila est né en 1984 à Maldonado, ville du sud-est de l’Uruguay. Il vit à Montevideo depuis 2002. Il a participé au projet « Milcuernos », revue littéraire mensuelle gratuite. Il a organisé diverses rencontres artistiques ou performances (Droguen al poeta, Mundial de poesìa, Mercado Negro) et fait partie d’un collectif d’édition, « Editorial Mental », ainsi que de projets cinématographiques. Il a publié des recueils de poésie : Bagre japonés (2010) et Piedra del sol de noche (2011). Certains de ses textes apparaissent dans des anthologies et revues au Venezuela, et au Brésil entre autres

 

Pour qui s’intéresse autant à la littérature uruguayenne qu’à la littérature équatorienne ce titre, « Ecuador », pique évidemment la curiosité : on attend de découvrir ce regard d’un pays sur l’autre. Mais il faudra un peu de patience car si le livre est court, le voyage en Equateur n’est évoqué que dans la troisième partie.

C’est encore un livre inclassable, écrit à la première personne, qui tient tout à la fois du journal intime, de la poésie, du souvenir d’enfance et de l’onirisme, de façon très imbriquée et un peu déroutante. A mesure que l’on avance dans cette écriture un peu surréaliste, revient à la mémoire un autre poète proche du surréalisme, Henri Michaux, qui fit lui aussi un voyage en Equateur dans les années 1920, dont il publia le récit sous le même titre « Ecuador ». Difficile de dire s’il y a une réelle ressemblance entre les écritures de ces deux auteurs, mais la coïncidence est amusante. « Mais où est il donc ce voyage ? », écrivait Michaux, et c’est un peu ce que se demande le lecteur de Diego de Avila pendant la traversée des premières parties de son « Ecuador ».

La première, « Los meses verdaderos », est une sorte de voyage immobile du narrateur dans une maison face à la mer, où on l’imagine enfermé pour écrire, et après cette affirmation,  « Yo nunca sueño » , l’essentiel du texte rapporte des rêves, avec tout ce que cela suppose d’incohérences et de surprises, dans une suite paragraphes parfois très brefs, ou de phrases isolées. La deuxième partie, « Una ascenciòn catòlica », est sous le signe du souvenir d’enfance, réel ou imaginaire on s’y perd parfois, et de l’évocation du père qui fait surgir des images terribles car celui-ci fut soldat : « Una sola vez en la mesa familiar dijo sollozando con literatura que jamàs  hablarìa de ciertas cosas que recordaba: el màs hermoso cuerpo de mujer que vio en su vida colgado de un alambre ». Suivent d’autres paragraphes apparement décousus, où l’on rencontre des chiens suicidaires, ou des souvenirs de voyage en camion-stop à travers l’Argentine et la Bolivie…

Quand on arrive enfin à « Ecuador » on sait qu’il ne faudra pas s’attendre à un reportage très factuel. Même s’il apparaît quelque fois une date entre parenthèses, ce sont encore des instantanés, de brèves rencontres, des lieux : Quito, Baños, le volcan Tungurahua, Puerto Misahualli en Amazonie, traversés lors d’un voyage avec quelques amis… On reste un peu sur sa faim, et c’est encore un point commun avec l’ « Ecuador » de Michaux. 

La dernière partie du livre, « Me explicaron mi vida hablando de literatura » est composée de quelques poèmes, suivis d’une dizaine de photos pleine page en noir et blanc.  

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