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Editorial HUM/Estuario, collection « Cosecha roja », Montevideo, 2017, 180 pages.

 ISBN : 978-9974-720-78-7

Mercedes Rosende est une juriste uruguayenne née à Montevideo en 1958: spécialiste en processus électoraux, elle a effectué des missions d’observation dans de nombreux pays, notamment en Haïti. Elle a également été  syndicaliste, enseignante, et chroniqueuse dans divers médias. Elle est aussi francophone et amoureuse de la France. Ses livres lui ont déjà valu d’être invitée par divers festivals de littérature policière en Argentine, Espagne et Colombie. Elle a été primée en Uruguay et en Argentine. Son oeuvre se caractérise par un ton sarcastique, un humour noir et une certaine liberté vis à vis des codes du genre. 

Bibliographie  partielle : Demasiados blues (La Gotera, 2005, Premio Municipal de Narrativa), La muerte tendrá tus ojos (Premio Nacional de Literatura/ MEC; Sudamericana, 2008), Mujer equivocada (Sudamericana, Random House, Montevideo, 2011; Código Negro, Buenos Aires, 2014; El Búho de Minerva, Valencia, 2016, Hum, Cosecha Roja, Montevideo, 2017).Crónica Haití. Crónica de un suburbio de la capital: Arrabal amargo (02/02/2016), El miserere de los cocodrilos (Hum, Cosecha Roja, Montevideo, 2017) est publié en allemand en 2018.

 

Le titre du livre joue sur l’ambiguïté de l’expression « mujer equivocada » qui peut signifier que cette femme est « celle qui commet une erreur » ou « celle qui est prise pour une autre », car Ursula Lopez va être les deux à la fois. 

Ursula est grosse, très grosse, trop grosse, et cela lui empoisonne la vie depuis l’enfance. Dans la rue les gens la regardent et font des commentaires dans son dos. Elle fréquente un groupe d’obèses anonymes qu’elle méprise. Diverses cures d’amaigrissement l’ont ruinée sans succès durable. Elle vit hantée par le souvenir de sont père et obsédée par le bruit des talons de sa voisine d’au-dessus. Ursula a une jeune soeur, Luz, belle et mince, mariée à un homme riche et vivant dans un beau quartier, alors qu’elle même vit dans un immeuble de la vieille ville de Montévidéo. Les deux soeurs partagent une histoire familiale compliquée, chargée de secrets et de zones d’ombre. C’est à quelques allusions que le lecteur apprend que leurs parents et leur tante ont peut être bien été assassinés.

Un jour le téléphone sonne chez Ursula et un inconnu lui annonce avoir enlevé son mari, puis lui donne rendez-vous dans un bar pour exiger une rançon. Le kidnappeur s’avère être un dilettante un peu trop bavard et naïf, auquel Ursula va omettre de dire qu’elle n’a jamais été mariée !  Elle finit par comprendre qu’elle est victime d’une homonymie et prend contact avec l’épouse, qui semble peu pressée de récupérer son mari, mais veut bien payer une rançon pour une toute autre raison ! Forte de sa situation d’intermédiaire fantôme, à l’insu des deux parties, Ursula va essayer de tirer le meilleur parti, pour elle, de cette situation digne d’un roman de Tom Sharpe, où s’accumulent mensonges et quiproquos !

Le livre est découpé en sept journées et un épilogue « un mois plus tard ». L’intrigue astucieuse et bien ficelée, l’humour grinçant, l’originalité de ce roman noir au dénouement surprenant, en font une lecture réjouissante, un cran au-dessus de l’argentin et du chilien lus précédemment. D’après l’auteur, il en existe déjà une traduction française qui n’attendrait plus qu’un éditeur !

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